De Sepia y Oro de Pilar Ogalla et Andrés Peña

La première primée par le public en mars au festival de Jerez, la seconde à Rivesaltes, que du bonheur !

De sepia y oro

© Nathalie Goux

Que dire encore qui n'a pas déjà été dit sur ce site (voir le compte rendu du Festival de Jerez : De Sepia y Oro, de l'or en barre) si ce n'est que ce Prix du Public vient couronner un spectacle délectable, véritable passeur d'émotions.

Du propre aveu d'Andrés Peña ils se sentaient plus « a gusto » à Rivesaltes, moins de pression bien sûr, un environnement rassurant, les artistes à Rivesaltes sont chouchoutés comme des membres de cette grande famille qu'est Amor Flamenco. Aux Dômes la salle est plus modeste que le Villamarta mais l'afición toute aussi grande. Pendant le spectacle des exclamations admiratives, au delà du jaleo, l'émerveillement soudain devant une image pure et fugace ou une harmonie de voix inattendue. Après le spectacle, beaucoup d'humidité dans les yeux, des phrases murmurées : « c'est la chose la plus belle que j'ai vue depuis que je suis dans le flamenco », les amis se cherchent, les groupes se forment, il faut échanger, dire ce transport si rare, cet étonnement, cette révélation : « mais c'est ça qu'on cherche à faire depuis toujours, c'est ça LE spectacle de flamenco ! »

En effet l'équilibre entre la mise en scène, les éclairages, les danses en couple ou en solo, les interventions des chanteurs et chanteuses, le fil rouge de la guitare de Cabeza (¡Por Diós que fenómeno!), cet équilibre intelligent permet d'oublier la grande scène, on se trouve projeté dans l'intimité d'un tablao voire d'une fête familiale lorsque le focus est mis sur la danseuse le guitariste et le chanteur, trinité minimale du flamenco, ou quand les quatre chanteurs forment le cercle avec leurs chaises et oublient le monde pour un tercio por tonás qui vous prend aux tripes. L'esthétique raffinée de la farruca façon yin et yang, le salero des cantiñas, l'originalité de la guajira, l'élégance des tientos, la force de la soleá et le bonus de Melchora Ortega et son paseito rumbero ou de May Fernadez et ses tanguillos valientes, sans oublier David Carpio et Londro souverains et la pierre angulaire du spectacle, le guitariste visionnaire qui maîtrise autant le son que le silence Rafael Rodriguez El Cabeza , tout cela forme un tout indissociable fondu dans le creuset de la créativité de ces « artistazos » et vaut bien toute une bibliothèque d'ouvrage historiques sur le Flamenco. Compartir las vivencias, vivre ces moments forts de partage, c'est cela qui forge une afición et vendredi soir aux Dômes il paraît que des vocations sont nées.


Dolores Triviño, le 22/08/2016

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