Marco Flores, Olga Pericet, José-Maria Velasquez-Gaztelu

Duos mythiques

© Festival de Jerez/Javier Fergo

Le spectacle d'Olga Pericet, Marco Flores et José Maria Velazquez-Gaztelu affichait complet jeudi soir à la Sala Paul. Le public, venu en connaisseur, savait que les deux bailaores allaient offrir un grand moment de baile. Et ce fut le cas.

Avec ce spectacle, Marco Flores et Olga Pericet souhaitaient rendre hommage aux duos célèbres du baile flamenco. Ils débutent avec une romantique caña, se mettant dans la peau d'Antonio et Rosario. Ces deux-là se connaissent par coeur, cela fait quatorze ans qu'ils travaillent ensemble et leur complicité sur scène est évidente. Le spectacle est ponctué par les interventions sous forme de lecture de textes et mini-interviews du poète José-Maria Velazquez Gaztelu, qui apparaît alternativement à gauche, à droite et au milieu de la scène. Les bailaores dansent sur son texte, et José Maria danse avec les mots. C'est très beau. Marco Flores et Olga Pericet traduisent ensuite l'écho de Gades et Christina Hoyos dans deux styles caractéristiques, tientos - qui ressemblent plutôt à des tangos lents - et Farruca, accompagnés par la guitare subtile de Victor El Tomate. La siguiriya revient sur le duo mythique du baile flamenco réunissant Rosario et Antonio El Bailarin. Olga Pericet affirme : "Il y a des choses qu'on ne peut pas dire avec la parole, mais avec le corps si. On peut exprimer avec le flamenco tout type de sentiments". Marco apparaît ensuite en chemise rouge, toujours d'une grande élégance, pour exécuter des cantiñas, en transmettant avec justesse le sentiment qui caractérise le palo. Les deux danseurs s'illustrent ensuite dans un baile sur des cantes abandolaos des plus réussis : placement parfait, marquages, pieds, vueltas... tout est exécuté dans les règles de l'art, et les deux artistes finissent par un baiser furtif. "Il y a desfois où c'est mieux de communiquer sans paroles car on se comprend mieux." confie Olga. Et Marco d'ajouter "Si on ne s'aime pas on ne peut pas bien danser ensemble. J'ai beaucoup d'amour pour Olga. Je suis le bailaor le plus chanceux du monde de danser avec elle. La clé de cette union est la communication et la création commune". A propos de l'improvisation, le bailaor d'Arcos souligne qu'il faut toujours lui laisser une place, car cela fait grandir l'interprète. Olga qui avait quitté la scène revient dans une sublime robe rouge brodée pour interpréter une solea apola. La petenera a palo seco qui conclut la solea est un grand moment. Enfin, les deux bailaores reviennent dans un magnifique duo por caracoles qui fera se lever les spectateurs encore présents dans la salle, beaucoup s'étant éclipsés avant la fin pour aller voir le spectacle suivant - hommage à Paco de Lucia -, dont certains en plein milieu du baile por solea d'Olga Pericet, quel manque de correction.

Seul bémol, tous les spectateurs de la Sala Paul ce soir-là ne parlaient pas espagnol et ils n'ont donc pas pu comprendre les "charlas" avec José-Maria Velazquez Gaztelu qui étaient pourtant très intéressantes.


Flamenco Culture , le 26/02/2015

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EQUIPE ARTISTIQUE:: Narrateur - José María Velázquez-Gaztelu
:: Baile - Olga Pericet et Marco Flores
:: Guitare - Antonia Jiménez y Víctor El Tomate
:: Cante - Mercedes Cortés, Inma Rivero, Ismael El Bola

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