Abriendo Puertas

Maria José Franco ouvre les portes de son coeur

Maria José Franco est une habituée du Festival de Jerez. Après "Bailando para mi" en 2009 et "Al compas del viento" en 2010, "Abriendo Puertas" est le 3ème spectacle qu'elle y présente en l'espace de cinq ans. Dans cette création, la danseuse se dévoile au public, et en ouvrant les portes de l'amour, de la famille, de l'amitié... elle ouvre aussi les portes de son coeur.

photo ©Javi Fergo - Festival de Jerez

C'est allongée sur le sol à droite de la scène que Maria José Franco accueille les spectateurs de la Sala Compañia. Une entrée atypique pour cette danseuse au style d'habitude très traditionnel, mais un recours déjà observé chez d'autres danseuses comme Eva la Yerbabuena ou Angeles Gabaldon. Maria José Franco se lève rapidement pour interpréter une siguiriya intitulée "Renacer", magnifiée par le cante de Luis Moneo.

La bailaora gaditane confirme dès le second tableau que le titre "Abriendo Puertas" n'est pas usurpé ; elle s'ouvre aux portes du sentiment amoureux en invitant le danseur contemporain Ximo Llorens à partager la scène avec elle sur un sensible paso a dos. On entend un violon ainsi qu'un piano, mais la violoniste Sophia Quarenghi est invisible, et il n'y a pas l'ombre d'un piano sur scène. Il s'agit en effet d'une musique enregistrée par le pianiste Manolo Carrasco.

Le passage au flamenco se fait sans transition aucune, peut-être un peu trop brutalement. Sophia Quarenghi offre une magnifique interprétation musicale du zorongo gitano, à laquelle Carmen Grilo répond par un chant splendide. Un des plus intenses moments de la soirée.

Les tenues de scène de Maria José Franco défilent au même rythme que les palos : robe blanche sur les tangos, turquoise sur la nana, orange pour les alegrias, noire pour la solea por buleria. la bailaora qui apporte toujours beaucoup de soin au choix de ses robes en changera cinq fois durant le spectacle. Les lumières de Jeronimo Bellido mettent en valeur les couleurs des tissus et le baile solide et élégant de Maria José Franco.

Avec le zorongo, on retiendra en particulier l'émouvante nana au cours de laquelle la danseuse roule son manton en boule pour mimer le bercement d'un enfant.


Flamenco Culture, le 26/02/2013

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