Juana Amaya

Retour gagnant

Après deux ans d'absence en raison d'un deuil familial Juana Amaya faisait son retour. Un retour en grande forme pour celle qui nous confiait quelques jours plus tard ne danser que pour l'Arte.

Juana Amaya était très attendue. Rare sur scène comme peut l'être une Manuela Carrasco, la sévillane a envoûté la salle avec des bailes chargés d'émotion, dans la plus pure tradition gitane. Solennelle dans la Siguiriya, inspirée et explosive dans la Soleá, la danseuse à la personnalité imposante et au charisme insolent a transporté les spectateurs dans un autre univers. Ce n'est pas un hasard si ce spectacle a été très rapidement complet. Les aficionados savaient qu'une apparition de Juana Amaya n'est jamais anodine.

Mais Juana n'est pas venue seule sur scène. Un baile percutant, technique, sans faille : c'est Nazareth Reyes, sa fille. Copie conforme de sa mère au même âge la toute jeune danseuse de 17 ans qui a hérité du splendide port de bras de sa mère a pourtant déjà un style bien défini, moins féminin, dans la lignée des Farrucos. Ce baile axé sur le zapateado lui vient également de son père le bailaor Cristobal Reyes, célèbre danseur de Madrid originaire de Cordoue qui enseigne à Amor de Dios.

En duo comme en solo, les deux bailaoras ont montré un caractère bien trempé et un baile racé. Nazareth dansa por Taranto et Juana Amaya por Siguiriya, Alegria et Soleá. Les deux danseuses avaient choisi pour les accompagner au cante des pointures de Madrid, Guadiana et Juañares - originaire de Jerez - qui ont beaucoup apporté au baile des danseuses. Guadiana excella sur la Tona de Chacón d'ouverture dansée par le duo avant l'envolée de pieds qui coupa la parole au cante. Juañares quant à lui donna son sello personnel sur le Taranto, la Siguiriya et la Soleá. L'équipe de cantaores était complétée par Miguel de La Tolea qui remplaçait David Maldonado, sans doute indisponible en raison de sa participation à la tournée de Paco de Lucia.

En résumé une première fin de soirée au Café Cantante à laquelle Le duende s'est invité. La magie flamenca existe encore. Juana Amaya nous l'a prouvé hier soir.

A la Bodega la Compagnie Eva Luisa n'a pas non plus démérité. La danseuse qui s'entoure toujours de très bons artistes comme ce soir-là le cantaor Perico Santiago dont le cante a fait frémir l'assistance a réalisé une très belle prestation. Plus en confiance avec son groupe que quelques jours auparavant à l'Haÿ-les-Roses, la nîmoise a notamment interprété un profond baile por Soleá dont un extrait est disponible dans le reportage.


Flamenco Culture, le 06/07/2010

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Equipe artistique

Baile: Juana Amaya, Nazareth Reyes
Cante: Guadiana, Juañares, Miguel de La Tolea
Toque: Carlos Maldonado, Tati Amaya


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