Esperanza Fernandez

Raices del alma

Teatro Lope de Vega - 21h

Esperanza Fernández a profité de la Biennale pour faire un retour en arrière, chercher dans son passé les moments les plus heureux et les utiliser comme tremplin pour avancer. Hier elle rappela les thèmes qui lui ont donné le plus de popularité, et a chanté por derecho pour rappeler qui elle est.

La première curiosité de la soirée fut que, bien que Dorantes se trouvait tant dans l'équipe qu'à la direction musicale du spectacle, les "Nanas de los luceros" de son célèbre "Orobroy" furent interprétées par la cantaora seule pour ouvrir la soirée.

Esperanza se présentait dans une atmosphère d'intimité absolue. Ainsi avec trois palmeros elle démarra por soleá de Utrera pour rappeler Fernanda et Bernarda et nous rappeler d'où elle vient. "María de las Mercedes" por bulerías et cambio de tercio.

Quand apparut Miguel Ángel Cortés on voyait déjà que quelque chose de grand se préparait. Rien que la salida de seguiriyas du guitariste valait le prix de l'entrée. Esperanza s'en alla à Triana prendre les cantes et la seconde letra triompha sur tout, apportant au cante un compás plus lent qu'à l'habitude, et avec Miguel Ángel colorant le final d'une cabal impressionnante.

Esperanza prit le temps de chanter por Falla et mettre en valeur les guitares de Cortés et David Carmona, qui préparaient le terrain pour une autre formidable ronda, cette fois de verdiales, à trois vitesses et avec une cantaora augmentant l'intensité à chaque minute.

Le ton se maintint por alegrías et romeras, avec la sevillana très à l'aise sur scène et les guitariste démontrant pourquoi on les considère comme deux des grands du flamenco actuel.

Un autre ton arriva à partir de ce moment. Avec Dorantes, le ton de la soirée changea complètement et Esperanza se mit à chanter quelque chose de différent.

Evidemment chaque spectateur aura une opinion et un goût différent, mais pour celui qui écrit, les tenues du jazz ne vont pas bien à Esperanza. Le language qu'elle manie diffère trop de ce qu'un "My funny Valentine" requiert. Et de la même façon que je n'imagine pas Chet Baker ou Ella Fitzgerald donner du sentiment à des malagueñas, je ne vois pas Esperanza dans le domaine de la musique noire.

Por tangos et ensuite por bulerías avec "Manolito Reyes" elle récupère un peu de l'énergie qu'elle avait mise dans la première partie du spectacle.

Esperanza Fernández, comme d'autres cantaores, n'est pas une voix d'usage, elle ne prétend pas occuper une position définie, liée au cante orthodoxe. Ce qui l'amène à expérimenter, avec plus ou moins de succès des domaines qui s'ils sont trop éloignés, peuvent être dangereux. Du magnétisme qu'elle dégage, de sa connaissance et de son cante je n'oserais rien dire de négatif. Même si elle n'est pas à mon goût dans les territoires non flamencos, nous sommes en train de parler de parler d'une très grande cantaora flamenca.


Javier Prieto, le 07/10/2010

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Equipe artistique

Cante: Esperanza Fernández
Piano: Dorantes
Toque: Miguel Ángel Cortés y David Carmona
Percussion: Paquito Gonzalez
Choeurs et palmas: José Manuel Ramos "El Oruco", Juan San Juan y Jorge Pérez Aguilar


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