[Flamenco, Flamenco] bientôt sur les écrans français

Le film de Carlos Saura sortira le 14 décembre

C'est le 14 décembre, plus d'un an après sa sortie en Espagne, que le très attendu "Flamenco, Flamenco" du réalisateur aragonais Carlos Saura fera son apparition sur les écrans français.

Flamenco, Flamenco de Carlos Saura

Le film qui se veut dans la continuité du célèbre "Flamenco", oeuvre qui a contribué à faire connaître l'art ancestral dans le monde entier, réunit les plus grands maestros et les nouveaux talents de l'arte flamenco. On y retrouve ainsi Paco de Lucia, Manolo Sanlucar, Maria Bala, José Mercé, Dorantes, Diego Amador, Miguel Poveda, Israel Galvan, Rocio Molina, Sara Baras, Estrella Morente, Arcangel, Patricia Guerrero, et Manuel Moreno Junquera "Moraito", entre autres.

La version diffusée sera sous-titrée en français afin de mieux comprendre le sens des letras.

Flamenco Flamenco de Carlos Saura

Notes du réalisateur

« Il est toujours difficile de présenter par écrit, au moment de revenir sur mes films musicaux, les idées qui m’ont inspiré. C’est difficile, parce que les scénarii que j’utilise dépassent rarement trois ou quatre pages, dans lesquelles sont énumérés les différents numéros et artistes choisis, et, très sommairement, l’espace dans lequel se développera la scène ; plus difficile encore, parce qu’une grande partie de la stimulation et du divertissement que j’associe toujours à ces tournages, est basée précisément sur les possibilités d’improvisation que m’offre ce type de cinéma.

La première étape a été la recherche des artistes qui allaient participer au film. Evidemment, je ne me considère pas suffisamment expert (ni trop novice non plus) pour faire face à une tâche d’une telle responsabilité vis-à-vis du film, sans l’aide d’un magnifique conseiller, en l’occurence Isidro Muñoz, frère de Manolo Sanlúcar.

Lui et moi étions d’accord sur le fait qu’il existe un nouveau flamenco d’une grande puissance, un flamenco de jeunes talents qui cherchent leur voie dans notre pays et au-delà de nos frontières. Ils ont énormément à offrir, aussi bien dans les limites de la plus pure orthodoxie qu’au travers de nouvelles expériences de collaboration et de fusion avec d’autres musiques.

Flamenco Flamenco de Carlos SauraNous sommes également d’accord pour dire que la réalité de cet art ne peut être représentée fidèlement sans quelques-uns des grands maîtres vivants que nous avons la chance d’avoir en Espagne. Notre première mission a donc été de “placer” à l’intérieur des différents palos (genres de flamenco) les artistes que nous connaissons déjà et qui font partie de l’histoire du flamenco (Paco de Lucía, Manolo Sanlúcar, José Mercé…), en discutant avec eux, écoutant d’une part les options qu’ils pouvaient nous proposer, et en leur offrant d’autre part des alternatives qu’ils ne s’étaient peut-être pas encore décidés à essayer, et qui pouvaient les intéresser.

Ce groupe de grands noms sont ceux qui ont formé l’”axe central” de la structure musicale du film ; une sorte de tronc d’arbre central sur lequel s’appuie l’apport des artistes plus jeunes qui ne figuraient pas dans le film précédent. Et, de ce point de vue, la liste est très, très intéressante : Estrella Morente, Sara Baras, Miguel Poveda, Israel Galván, Eva la Yerbabuena… Que de talent !

Comme je l’ai déjà dit, j’aime laisser toujours ouvert le scénario, au moins jusqu’à avoir vu avec mes collaborateurs des répétitions des danses proposées par l’artiste ou écouté des maquettes.

Mais l’expérience m’a montré que se limiter à mettre à la suite des numéros de manière impressionniste, alternant les moments “durs” et “légers”, ou par blocs chantés, dansés et musicaux, ou toute autre formule didactique du genre, est un exercice inutile qui finit toujours par noyer irréversiblement le spectacle.

Flamenco Flamenco de Carlos SauraIl est clair que là, du fait d’un parti pris par moi dès le début, nous ne disposions pas d’une histoire de fiction sur laquelle nous appuyer pour travailler le moment dramatique et chercher une solution de “chute”. Mais c’est qu’introduire devant la caméra autre chose que la beauté de la musique et de la danse aurait été une trahison à la pureté de cet art !

J’ai donc soumis à Isidro cette idée : maintenir au long du film deux éléments narratifs originaux, comme support aux numéros musicaux permettant une communication “subliminale” avec le spectateur. Ces éléments sont : un voyage vital et… la lumière.

Le premier, le voyage vital, parcourt à travers la musique le cycle de la vie d’un homme. Et pour y parvenir, nous utilisons de manière créatives les palos flamencos : on commence avec la naissance (nana flamenca), l’enfance (les influences andalouses, pakistanaises : mélange et enrichissement), l’adolescence (les palos les plus vifs et solides), l’âge adulte (le chant sérieux), la mort (la profondeur, le sentiment pur), pour terminer avec une nouvelle renaissance basée sur les propositions d’avenir que les jeunes interprètes nous proposaient.

Lors de ce voyage, les maîtres (Paco de Lucía, Manolo Sanlúcar…) accompagnent les jeunes talents, les présentent ou leur donnent le change, dans une solution de continuité créative où la flamme du futur reste en vie.

Flamenco Flamenco de Carlos SauraLe second élément, la lumière (indubitablement liée au premier), accompagne le voyage d’un parcours de la gamme des couleurs primaires. Ainsi, la naissance est enveloppée des blancs de la lumière puissante de l’après-midi ; l’enfance des tons jaunes du soleil couchant, des ombres allongées qui habitent les rues. L’adolescence nous amène aux heures du crépuscule (douces couleurs orangées et bleutées), lumières et heures de la vie, des rencontres dans les cours… Et progressivement, nous entrons dans la vie adulte : apparaissent les bleus intenses, les indigos, les violets. La zone de la “mort” (j’entends par là non pas le fait concret, mais un espace de sérieux, d’inviolabilité et de recueillement) est pratiquement en noir et blanc, tirant vers le vert de l’espérance, qui nous guide vers la nouvelle renaissance, vers le lieu de l’esprit, marqué par les tons de l’émeraude, par des bleus pâles, vers la gamme des oranges rougissants, le lever du jour rouge-orange étant notre final. Ces deux éléments narratifs sont la base du scénario musical et, bien qu’ils ne seront probablement pas perçus directement par le spectateur, je suis sûr qu’ils l’imprègneront et l’aideront à évoluer dans le parcours musical que nous voulons lui offrir. »

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Communication Bodega Films, le 05/09/2011


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